Eau
Situation actuelle
L’eau est l’une des ressources les plus précieuses d’Europe. Sa gestion à long terme démontrera le degré de civilisation atteint. L’eau ne connaît pas de frontières administratives et nécessite donc une approche paneuropéenne harmonisée pour qu’elle soit gérée durablement. Les eaux de surface – rivières, lacs, océans, calottes glaciaires ou glaciers – permettent de réguler le climat, d’agir comme réservoirs biologiques, et de fournir un habitat aux réseaux écologiques restants. Les eaux souterraines alimentent à l’année les rivières et fournissent de l’eau propre à la consommation.
L’Europe a fait beaucoup pour essayer de protéger cette ressource au cours des trente dernières années. De ce fait, l’état des rivières les plus polluées s’est nettement amélioré, essentiellement grâce à un meilleur traitement des eaux usées.
Cependant, l’Europe ne parvient toujours pas à gérer le problème d’une utilisation toujours plus importante des ressources en eau dans le cadre de l’intensification de la production et de la consommation :
- Les écosystèmes aquatiques continuent à se détériorer : On est encore loin de connaître les effets subtils du cocktail chimique que la société répand dans l’environnement. De très faibles quantités peuvent changer de manière conséquente les écosystèmes, comme c’est le cas pour les substances chimiques aux effets comparables aux hormones. L’impact négatif de modifications physiques, à savoir différents barrages ou digues par exemple, vient seulement d’être reconnu et contribue largement au fait que près de 50% des rivières, des lacs et des eaux côtières ne parviendront pas à atteindre un bon état chimique, comme l’ont constaté les Etats membres.
- Les ressources en eau potable sont en danger : 87% des eaux souterraines sont polluées par les activités agricoles.
- Les conflits liés à l’utilisation des ressources augmentent : La compétition pour la demande en eau s’intensifie dans les secteurs de l’agriculture, du tourisme et de l’approvisionnement des villes. On s’attend à ce que la disponibilité de cette ressource change de façon importante avec le changement climatique.
Veuillez consulter pour plus d’informations l’évaluation basée sur des indicateurs de l’Agence européenne pour l’environnement sur le site web de l’agence.
L’état actuel des écosystèmes aquatiques met en évidence la nécessité d’une approche plus intégrée et plus globale de la gestion de l’eau. Tandis que les ménages payent les services liés à l’eau dont ils bénéficient, les grands pollueurs, par exemple dans le domaine de l’agriculture, n’y contribuent que très peu. Les secteurs qui utilisent des services liés à l’eau comme la production énergétique (eau de refroidissement ou hydroélectricité), les entreprises (lutte contre les inondations) et la navigation (approfondissement du lit et redressement du cours des rivières) payent rarement la totalité du coût de ces services, et encore moins les dégâts qu’ils occasionnent dans l’environnement.
L’Union européenne a reconnu ces problèmes et accepté de fournir un nouveau cadre pour la protection de l’eau. Pour ce faire, en 2000, elle a mis en place la directive-cadre sur l’eau 2000/60/EC197 (DCE) qui fixe un certain nombre d’obligations juridiques, y compris un système d’évaluation qui prévoit des données comparables pour l’état écologique de toutes les eaux européennes et l’élaboration d’objectifs écologiques spécifiques. Elle rassemble également toute la législation européenne sur l’eau.
Que fait le BEE ?
La DCE est une étape essentielle pour parvenir à une gestion de l’eau durable car elle demande la planification intégrée et à long terme des bassins fluviaux et prévoit d’atteindre un « bon état chimique et écologique » d’ici 2015.
Depuis 1997, le BEE coordonne un groupe de travail d’experts et de militants de ses organisations membres. Ce groupe de travail suit étroitement et influence l’élaboration de la DCE et travaille maintenant à ce que sa mise en œuvre soit ambitieuse et efficace. Le groupe de travail sert aussi de plate-forme d’échange d’informations pour toute l’Europe.
Le BEE, en collaboration avec le WWF, a réalisé une évaluation détaillée de l’analyse économique des usages de l’eau qui doit être conduite pour chaque bassin fluvial selon l’article 5 de la DCE. La qualité de ces analyses économiques devrait permettre d’établir des politiques judicieuses de tarification de l’eau qui fassent payer les pollueurs et fassent en sorte que le marché contribue à la protection de l’environnement aquatique. L’évaluation a cependant montré qu’au moins 11 des Etats membres ne se conforment pas aux obligations juridiques de la DCE. Sur la base de cette évaluation, une plainte commune a été présentée devant la Commission européenne le 17 juillet 2006.
De plus, le BEE joue un rôle important en clarifiant le sens de la directive pour les ONG et en expliquant les conséquences des différents éléments de la politique de la directive sur les activités nationales. Le manuel du BEE sur la politique communautaire de l’eau dans le cadre de la DCE, publié en 2001, et le chapitre sur l’eau du manuel politique du BEE, publié en 2005, analysent en détail cet élément de la législation relativement complexe et ses options politiques. Le BEE publie aussi régulièrement des communiqués de presse et de la documentation et nous organisons des séminaires afin de sensibiliser le public et de renforcer les capacités des ONG en ce qui concerne la mise en œuvre de la DCE.
Enfin, le BEE s’intéresse de très près à l’élaboration de la nouvelle législation de l’UE portant sur la lutte contre les inondations, la protection des eaux souterraines et les substances dangereuses. La directive sur les inondations adoptée en avril 2007 est plus particulièrement préoccupante, car elle accorde aux Etats membres trop de liberté dans le processus de mise en œuvre parallèle, voire contraire à la DCE : ce processus donnera une place trop importante à la poursuite de mesures de lutte contre les inondations coûteuses en énergie au lieu de travailler sur des processus naturels.
Le BEE participe aussi actuellement aux débats sur les défis qui sont récemment apparus sur le devant de la scène politique, comme l’adaptation au changement climatique et la pénurie d’eau et la sécheresse. Ces défis révèlent que persévérer dans cette voie économique n’est plus une option envisageable. Il est plus que temps de se démarquer, parfois de manière radicale, des pratiques non durables du passé. En mettant en œuvre de façon ambitieuse la DCE, nous pourrions justement y parvenir.
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